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Petite histoire de la gestion de projet(niture)

Je suis l’heureux CEO d’une agence digitale (@tymate) spécialisée dans le mobile, qui par définition réalise des applications pour nos chers smartphones et autres tablettes tactiles et objets connectés. Nos clients ont toujours de magnifiques idées. C’est vrai, qui ne voudrait pas être le Uber de quelque-chose, changer le monde avec un produit ou un service qui cartonne, améliorer une expérience avec un outil ingénieux, qui ne voudrait pas transformer sa belle idée en vrai application qui rencontre le succès qu’elle mérite ?

C’est là que le besoin de parentalité digitale prend corps, l’horloge bionumérique tourne, il est temps de donner la vie… à un(e) projet(niture) digitale !

Quand on a une idée d’application en tête, quand on se sent prêt à se lancer dans l’aventure digitale, on commence toujours par la phase d’expression du besoin, qui va nous permettre de trouver le partenaire idéal pour mettre en oeuvre notre idée.

Alors en général on écrit un cahier des charges relativement exhaustif, on liste des spécifications techniques et fonctionnelles très détaillées, qui nous projettent une image concrète de ce que sera cette application révolutionnaire, qui fera de nous un visionnaire, peut être un millionaire, qui plaira aux actionnaires (ou au moins à notre mère et à nos paires). Le but est d’obtenir exactement ce que l’on a en tête, de cadrer la production le mieux possible pour ne pas avoir de surprises.

C’est la première erreur du porteur de projet : vouloir dès le départ définir à l’avance ce que sera exactement sa projet(niture). Quand on veut un enfant, on ne fait pas un cahier des charges ! Ça serait d’ailleurs éthiquement très contestable. On ne fait pas non plus de refonte à priori. On peut choisir la façon dont on va l’aider à se développer, les valeurs qu’on va lui transmettre, l’éducation qu’on va lui donner, lui inculquer notre vision, lui apporter notre soutien, notre amour, bref l’aider du mieux possible à s’accomplir dans ce monde.

Hé bien c’est un peu la même chose pour un projet digital : l’important est d’avoir une vraie motivation, mais ce que vous allez réaliser en premier, c’est un petit bébé digital, une MVP (Minimum Viable Product), qui après sa naissance va suivre sa propre route. Si vous l’enfermez dans un carcan, il risque de rencontrer des problèmes d’adaptation qui pourraient s’avérer dévastateur dans le futur.

Alors ce qui compte vraiment, ce sont les fonctionnalités principales : il faut qu’il naisse en bonne santé pour pouvoir se développer le mieux possible !

La recette de la réussite digitale réside bien souvent dans la prise en compte de cette réalité. Les porteurs de projet ont tendance à vouloir mettre au Monde un Uber ou un AirBnB déjà adulte. Mais notre rôle est d’abord de vous accompagner dans la phase de gestation pour vous aider à mettre au monde ce bébé digital puis de vous aider à le faire grandir.

En gestion de projet “classique”, la mise en production symbolise la fin. En vérité c’est le début de l’histoire, c’est l’accouchement de votre projet, et alors tout va seulement commencer. Il va falloir l’aider à grandir, l’élever, l’aider à s’adapter dans un monde changeant et à son environnement, lui donner les moyens de se faire sa place et de devenir un grand.

Mais surtout ne le gardez pas dans la couveuse trop longtemps ! Quand le temps de gestation moyen d’un bébé digital dépasse les 3 mois, vous privez votre projet(niture) d’un facteur primordial : l’expérimentation de ses fonctions principales en milieu réel et donc sa capacité à s’adapter.

Quand un bébé digital est mis en production, évidemment qu’il n’est pas parfait, il ne marche pas forcément dès le début, il ne communique pas forcément très bien, mais avec vous il va rapidement s’adapter à son environnement, il va évoluer rapidement dans un contexte qu’on ne peut pas prévoir à l’avance. Ce qui compte c’est qu’il possède son identité propre, une structure saine et évolutive, un potentiel réel pour se développer rapidement.

Comme l’explique magnifiquement bien Laurence McCahill (@welovelean) dans son article The Minimum Loveable Product , c’est l’intensité qui compte beaucoup plus que la quantité.

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“It’s better to build something that a small number of users love, than a large number of users like.” Sam Altman, Y Combinator

Pour conclure cette missive métaphorique, au moment de la mise en production de ce premier article, que nous développerons évidemment par la suite, nous pouvons résumer cette petite histoire le la gestion de projet(niture) comme ceci :

  1. L’expression du besoin doit se focaliser sur la vision et les fonctionnalités principales de votre projet. Less is More.
  2. La conception se fait avec de l’Amour ! Quelle que soit la méthode.“Don’t make customers happy. Make happy customers.” Dharmesh Shah.
  3. Le développement est une phase de gestation qui ne doit pas être trop longue, pendant laquelle vous devez favoriser la qualité et le soin apporté à votre projet. Mais n’ayez pas peur d’accoucher, tout ira bien !
  4. La mise en production n’est pas la fin, c’est le début d’une belle histoire. Tout commence mais il faut évidemment se donner les moyens de bien élever votre projet(niture) pour qu’elle rende ses parents digitaux fiers, heureux, et pourquoi pas riche !

Marc-Antoine Navrez (@marcantoinavrez), CEO de Tymate (@tymate)


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