Marc-Antoine
Le 13 novembre 2017
Marc-Antoine

L'entreprise positive, avenir de l'Homme ?

L’innovation, si on la met au service d’intérêts responsables, est sans doute l’avenir de l’humanité. Et ce sont les entreprises qui ont la clé d’un avenir positif pour tous.

L'entreprise positive, avenir de l'Homme ?

L’entreprise positive, avenir de l’Homme ?


Uberisation des entreprises, virtualisation de la réalité, destruction du travail, intelligence artificielle forte et transhumanisme exclusif … Elle fait peur cette transformation numérique, cette révolution digitale, cette nouvelle économie de la donnée où l’humain devient augmenté mais réduit à l’état d’algorithme avatarisé. Pourtant, l’innovation, si on la met au service d’intérêts responsables, est sans doute l’avenir de l’humanité. Et ce sont les entreprises qui ont la clé d’un avenir positif pour tous.

D’Homo-Erectus à Eco-Sapiens ?


C’est l’histoire d’un Homme, un Homo pas encore très Sapiens, qui un jour décide de se poser pour cultiver sa nourriture plutôt que de la cueillir, et domestiquer des animaux plutôt que de les chasser. 

Du coup, plus besoin de bouger tout le temps : on se sédentarise, on construit des maisons et des outils, on augmente la taille du groupe, et bien sûr on s’organise, on définit des règles et on s’outille ! Sapiens fait sa première révolution technologique mais surtout sociétale, car l’un va toujours avec l’autre. Les impacts sont immenses, le changement sera profond, le début de la fin pour les autres espèces qui vont se faire asservir, annihiler ou exploiter. La fin du début pour cet Homo qui vient d’entrer dans l’ère de la gouvernance collective et de la croissance systémique.

Certains disent à l’époque, dans un langage qu’on ne saurait bien retranscrire ici, que c’était quand même mieux avant : moins de contraintes, moins de monde, des rapports plus simples (combat ou fuite). D’autres prétendent que ça sera mieux demain : abondance, confort et sécurité. Bref les conservateurs ne veulent pas trop évoluer, les progressistes veulent embrasser le changement. Il persiste encore de nos jours quelques fragment de cette ambivalence.

Aujourd’hui, après une deuxième révolution technologique dite industrielle et au coeur de la troisième dite numérique, Homo commence à se poser de sérieuses questions existentielles. On est quand même vraiment très nombreux maintenant, on est capable d’inventer des produits et des services de plus en plus mirobolants, on va dans l’espace et on crée des robots pour nous assister dans nos tâches physiques et mentales, mais sommes-nous vraiment plus heureux qu’à l’époque où on chassait des Mammouths en tribu avec les copains ? D’autant plus qu’on a bien ravagé notre espace de vie.

Il est un peu nostalgique de cette époque où c’était barbecue tous les jours, chasse, pêche, champignons, bastons, discussions au coin du feu. Ok on vivait beaucoup moins longtemps, Ok c’était la loi du plus fort, Ok il fallait toujours être sur le Qui Vive, Ok y’avait pas de smartphone ni même de WC d’ailleurs, mais bon quand même, on était vraiment libre et en harmonie avec la Nature ! 

Vraiment ? Alors qu’est-ce qu’on fait ? On revient à l’Âge de Pierre de gré ou de force (une guerre ou une catastrophe naturelle et on n’en parle plus), ou on continue d’évoluer, en se tournant vers un progrès créateur de valeur, inclusif et respectueux de la vie pas uniquement humaine.

L’entreprise positive : un mouvement d’avenir


Le problème ne vient jamais au final de la technologie, mais de ce que Homo décide d’en faire.

Il est donc assez urgent de mettre notre incroyable capacité d’innovation au service d’intérêts responsables. Pour nous en tant qu’individus, cellules familiales, groupes sociaux, espèce animale, et pour les autres formes de vie en général.

C’est en partie ce que nous appelons chez Tymate et ailleurs l’innovation positive, c’est à dire l’innovation au service du progrès économique évidemment, la décroissance n’étant pas en phase avec la nature humaine comme nous l’avons vu, mais aussi du progrès sociétal, écologique et éducatif.

Les structures les plus à même de porter ce changement sont en premier lieu les entreprises : d’une part parce qu’elles sont pour la plupart dans une phase de transformation propice à l’inclusion de cette démarche, d’autre part parce que ce sont elles qui contrôlent l’économie et donc la société de consommation, la puissance des GAFAM et consorts est là aujourd’hui pour en témoigner.

La question est : comment mettre les entreprises au service d’intérêts qui ne sont pas uniquement les siens ? La nature même d’une entreprise étant de se développer économiquement, en étant soumise à déjà suffisamment de contraintes de redistribution de la valeur financière qu’elle génère (ou pas).

Il faut pour cela faire de ces intérêts nouveaux les siens. Et dans la révolution techno-numérique en cours, qui est aussi une transformation sociétale puisque l’une va toujours avec l’autre, on l’a dit, il est dans l’intérêt des entreprises d’inclure dans leur stratégie une création de valeur collective forte : 

  • Pour ne pas disparaître 
  • Pour s’inscrire dans la transformation avec cohérence
  • Pour générer une gouvernance en phase avec les générations nouvelles 
  • Et pour se connecter à ce besoin collectif fondamental de redonner du sens au travail et à l’économie de consommation.

Face à la violence de la compétition économique, parler de sens collectif, de bienveillance et de solidarité peut sembler naïf, voire utopique. Mais comme l’explique Jacques Lecomte dans son livre Les Entreprises humanistes, cette démarche a toute sa place au sein de l’entreprise, y compris dans les plus grosses structures. Il démontre à travers des centaines d’études scientifiques que ces valeurs sont très bénéfiques pour la réussite de l’entreprise elle-même. 

Une nouvelle philosophie du management se dessine (leadership constructif, sociocratie, protection de l’environnement, démarche appréciative, etc.). Les entreprises humanistes sont plus fortes non par calcul, mais par choix. Et elles veulent changer le monde.
L’innovation Positive dépasse le cadre traditionnel de la RSE : il s’agit d’une communauté qui agit pour le bien commun. Cela passe par des relations honnêtes avec ses fournisseurs, la qualité des conditions de travail matérielles et relationnelles et, enfin, le développement de produits et services de qualité pour les clients. Autrement dit, un ensemble de solutions locales pour une conviction globale”. 

Chaque produit, chaque service, quel que soit sa nature, peut être conçu avec l’ambition sous-jacente d’avoir des effets positifs. Tout cela ne va pas au détriment du profit, mais il lui donne un sens, une valeur bien plus qu’économique.

Les entreprises sont l’avenir de l’Homme, et l’innovation positive l’avenir des entreprises


Au niveau politique faut-il imposer aux entreprises d’être génératrice de valeur collective pour les autoriser à exister (augmenter les libertés, les intelligences, la bienveillance envers tout vivant…) ? On leur impose juridiquement d’être économiquement viables pour exister, alors pourquoi pas ? Je crois plutôt au mouvement qu’à la règle, mais la question peut être ouverte.

Pour en parler, nous vous donnons rendez-vous au premier Festival de L’innovation Positive, que nous organisons le 29 Novembre à Euratechnologies (Lille). CHEERS, ce sont des conférences passionnantes avec un regard constructif sur la transformation en cours, et un showroom de projets qui changent le Monde. Un évènement dédié à cette approche inclusive qui a un vrai avenir. 

Infos et billetterie : www.cheersfestival.com

Marc-Antoine Navrez (@marcantoinavrez), CEO de Tymate (@tymate)

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